L’Apef incite les femmes à investir dans des activités économiques au fort potentiel de développement, en leur proposant des formations professionnelles en savonnerie, teinturerie, tricot et broderie. 80 femmes y ont déjà participé, elles seront 250 sur 3 ans. Elles sont ensuite encouragées à ouvrir leur propre atelier pour y exercer l’activité : l’Apef les aide au démarrage, en leur donnant du matériel ainsi qu’un fonds de roulement qu’elles remboursent ensuite. Ainsi les femmes acquièrent une réelle autonomie et les moyens financiers et matériels sont utilisés plusieurs fois, car les fonds qui sont remboursés permettent à d’autres femmes de bénéficier du même type de soutien.
L’Apef a aussi formé 200 femmes qui étaient déjà installées à la gestion de leur micro-entreprise, en leur apportant des éléments sur le lien entre volume de production et bénéfice, les règles de marketing, l’importance de produire au rythme des commandes pour ne pas perdre la clientèle et celle de s’adapter au goût des clients.
L’Apef propose aussi une activité aux ménages, qui permet d’associer mari et femme dans un même projet : en 3 ans, 60 familles vont développer leur propre élevage de poules pondeuses et de poulets de chair. Un poulailler pilote a été installé dans l’enceinte du centre de formation à Bukavu et des ménages ont travaillé avec un zootechnicien qui leur a donné les clefs nécessaires à la réussite de l’élevage : soins, alimentation, commercialisation.
Afin d’associer les femmes qui bénéficient d’un appui de l’Apef, 12 rencontres ont été organisées entre des femmes du milieu urbain et celles des campagnes qui pratiquent la même activité économique ou travaillent dans le même secteur d’activité. Les participantes ont pu partager des conseils sur les débouchés pour leur production et s’organiser pour acheter des matières premières en commun à un prix de gros. D’autres ont décidé de travailler ensemble : des teinturières vendront leur tissu aux brodeuses, des cultivatrices d’huile de palme fourniront des savonnières. Certaines ont également décidé de faire front commun pour résister à la corruption et conserver l’emplacement qu’elles avaient acquis sur le marché. Ainsi les femmes se soutiennent mutuellement et sont capables de formuler des revendications collectives auprès des pouvoirs publics.
En renforçant le rôle économique des femmes, l’Apef leur redonne toute leur place dans la société congolaise. Ici, une teinturière.
| Cet article est paru en avril 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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Pour ce programme de renforcement des activités économiques des femmes mené avec l’Apef, Frères des Hommes a obtenu le soutien financier de l’Union européenne et du Ministère français des Affaires étrangères.












