Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Isabelle Dos Reis, j’ai 37 ans, je suis née à Angers dans le Maine-et-Loire. J’ai fait des études en langues et civilisations étrangères et je suis diplômée en traduction, de l’Institut de Perfectionnement de Langues vivantes à l’Université Catholique de l’Ouest. J’étais de la promo de 1996, c’était il y a longtemps ! J’ai vécu 5 ans au Portugal après mes études, où je travaillais dans une entreprise d’import-export d’articles de décoration. En 2001 je suis rentrée en France, et j’ai passé 5 ans chez Frères des Hommes, jusqu’en 2006. Depuis octobre 2006 je vis au Mozambique et j’ai un petit garçon, Ianis, depuis mai 2009, mi-français mi-mozambicain.
Pourquoi avez-vous choisi de vous engager dans des actions de solidarité internationale ?
L’idée est de contribuer, à sa manière et selon ses compétences, à donner plus de voix et de force à ceux dont les voix ne se font que rarement entendre. De retour en France après 5 ans au Portugal, je ne savais pas ce que je voulais exactement mais je savais ce que je ne voulais plus : travailler pour une entreprise privée dont l’unique objectif est de faire du profit. Je ne connaissais absolument pas le monde des ONG ni celui de l’engagement militant ou associatif, mais je voulais donner du sens à ma vie, et à mon travail en particulier. Et j’ai trouvé tout cela chez Frères des Hommes.
Quels ont été vos débuts chez Frères des Hommes ?
J’ai commencé à Frères des Hommes comme assistante pour les projets Sud. A l’époque c’était le pôle le plus important dans l’association. J’avais l’avantage des langues, je parlais portugais, anglais et espagnol.
Comment êtes-vous arrivée à la Via Campesina ?
Fin 2003, un concours de circonstances a fait que j’ai participé à un échange d’expériences entre des militants de Frères des Hommes, du Droit au logement (DAL) et de la Confédération Paysanne et le Mouvement des sans-terre (MST). Nous sommes allés dans le Maranhão, région du nord-est brésilien. Et là, le MST a été comme une révélation pour moi, quelque chose que j’attendais depuis toujours. Quelques mois après, en 2004, un dirigeant du MST est venu à Paris pour une activité et m’a proposé de venir comme interprète volontaire pour la 4e Conférence internationale de la Via Campesina à São Paulo. J’y suis allée. De 2004 à 2006, toutes mes vacances chez Frères des Hommes ont été mises au service de la Via Campesina et du MST comme interprète. Et c’est donc là que tout a commencé, à la 4e Conférence internationale. J’ai rencontré des gens passionnants, j’ai intégré le réseau, et en 2006 j’ai quitté ma vie parisienne pour apporter mon appui au bureau régional Afrique à Maputo.
Qu’est ce que votre parcours vous apporté en terme d’enrichissement personnel ?
Ce qui m’a le plus touchée, ce sont les parcours et les histoires personnelles des militants et des paysans, remplis de rêves, d’utopies, de luttes et d’humanité. Depuis ma rencontre avec Frères des Hommes, le MST et la Via Campesina, j’ai appris à « lire le monde », depuis la perspective de la gauche sociale. Le modèle néolibéral nous bat de plein fouet mais nous pouvons et nous devons résister. Ça m’a apporté aussi de la maturité, bien sûr. Cela vient avec l’expérience des choses, les situations vécues, et le temps.
Qu’avez vous tiré de votre participation au FSM ?
C’était un moment important pour définir des stratégies avec d’autres organisations et mouvements, notamment en ce qui concerne les accaparements de terre et les changements climatiques, étant donné que la prochaine conférence des Nations unies sur les changements climatiques, se tiendra à Durban en Afrique du Sud, en décembre de cette année. Il y a eu des assemblées de convergence pour favoriser l’émergence d’actions communes entre les organisations et les mouvements qui travaillent autour des mêmes sujets. Maintenant le futur dira si cela a des résultats effectifs. Enfin, en Afrique, la Via Campesina a lancé sa campagne contre la violence faite aux femmes.
| Cet article est paru en février 2011 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |








