Tout juste diplômée en sociologie, Zita réalise une enquête sur la condition des paysannes du Kivu et s’intéresse notamment aux charges que ces femmes portent au quotidien. Indignée par les résultats de son enquête, elle décide de s’engager pour changer le quotidien des Congolaises. Elle crée alors Uwaki, l’Union des femmes paysannes du Kivu, la branche féminine de l’organisation congolaise Solidarité Paysanne. A l’époque, elle sillonne les campagnes à la rencontre des femmes vivant le plus souvent dans des endroits très isolés. Ces échanges lui permettent de promouvoir la condition de la femme, tout en respectant sa place au sein de la famille.
En 1996, alors que la guerre éclate dans la zone du Sud-Kivu, Zita donne des conférences un peu partout dans la région. Son objectif : sensibiliser les habitants sur les violences et atrocités commises sur les femmes, mais aussi démontrer les potentiels de développement économique de ces dernières. C’est à cette époque qu’elle rencontre Nunu Salufa et qu’ensemble, elles décident de créer l’Association pour l’entreprenariat féminin (APEF). C’est aussi le début de la collaboration avec Frères des Hommes et d’un soutien dans la durée pour donner aux femmes de Bukavu les moyens de créer leur petit commerce et de les rendre autonomes.
Mais pour opérer un véritable changement de la situation des femmes, Zita le sait, il faut une prise de conscience de l’Etat. En 2006, avec audace et courage, elle choisit de se lancer en politique et se présente aux élections pour devenir député national. Elle ne sera finalement pas élue, mais cette expérience renforce sa conviction de devoir agir à tous les niveaux. Dans cette perspective, elle accepte en 2008 de devenir conseiller du gouvernement à Kinshasa, puis maire de Bukavu. Pour la première fois, la ville de Bukavu est administrée par une femme ! Cette position de maire suscite un immense élan d’espoir pour des milliers de femmes qui voient en Zita le symbole d’un changement possible pour elles.
Des projets pour construire une société plus juste et plus démocratique pour les femmes congolaises, Zita en avait plein la tête. Hélas, la maladie aura trop tôt interrompu ce formidable engagement… Aujourd’hui, Zita est partie, mais son combat se poursuit avec tout le soutien de Frères des Hommes.
| Cet article est paru à l’été 2011 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |












