Situation économique de l’Inde
L’Inde a réalisé d’énormes progrès économiques depuis son accession à l’indépendance. Aujourd’hui, avec un PNB de 3 666 milliards de dollars, l’Inde est la 12e plus grande économie du monde. Colosse aux pieds d’argile, son avancée économique ne profite pas à tous ; si les plus riches s’enrichissent, les plus pauvres s’appauvrissent. En Inde aujourd’hui, plus de 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté soit avec moins de 2 dollars par jour et 15% seulement de la population active travaille dans le secteur formel. Les 85% restants n’ont pas d’emploi régulier ou exercent dans des conditions très ingrates et toujours mal payées, et 92% de ces travailleurs informels ne sont pas organisés.
Le secteur agricole et rural
Le secteur de l’agriculture est le premier fournisseur d’emplois : 50% (contre 21% pour les industries) des habitants de l’Inde travaillent dans le secteur rural, soit 550 millions de personnes ! Contrairement au milieu urbain, le milieu rural ne profite guère de la hausse de création d’emplois ou tout simplement de l’amélioration des conditions de vies et 72 % de la population indienne continue de vivre de façon précaire, voir intolérable...
L’industrie indienne
Dans l’économie actuelle indienne, les secteurs qui tirent profit de la conjoncture sont avant tout les services et l’industrie : particulièrement l’industrie de pointe comme l’informatique et l’industrie manufacturière comme la confection textile. Les industries représentent 27 % du PIB indien et 21% des emplois. L’Inde attire beaucoup de capitaux étrangers du fait des faibles coûts salariaux. Par exemple, un travailleur indien de la confection textile reçoit 60 dollars par mois contre 1000 dollars pour un américain ! En Inde, le textile représente le deuxième secteur économique en importance après l’agriculture : elle emploie 35 millions de travailleurs - dont 80% sont des femmes - représente 14% de la production industrielle du pays et environ 25% des exportations totales. New Delhi, au nord, et Bangalore, au sud, sont les deux pôles principaux de production, réalisant à eux deux 90% des exportations indiennes. Pourquoi Frères des Hommes choisit de porter ce projet avec FEDINA ? La lutte contre la pauvreté et la promotion des droits fondamentaux et de la démocratie sont les objectifs de Frères des Hommes qui a choisi de mener à bien son action grâce à un travail en partenariat avec des organisations du Sud qui partagent les mêmes objectifs et les mêmes valeurs : non-violence, égalité entre tous et participation de tous. Les relations et les échanges entre Frères des Hommes et FEDINA existent depuis de nombreuses années et divers projets ont déjà été menés conjointement : syndicalisation, accès à la terre, renforcement de la démocratisation et de la citoyenneté, lutte contre l’exclusion et les discriminations qui touchent les communautés Dalits (les Intouchables) et tribales. Frères des Hommes veut aujourd’hui appuyer FEDINA dans la réalisation de ce projet envers les femmes, parce que :
- Les fortes évolutions que connait aujourd’hui l’Inde creusent les écarts entre les différentes couches de population et ce sont les femmes qui en subissent le plus les conséquences négatives, et restent le plus en retrait du miracle économique,
- La constitution indienne porte un cadre législatif qui n’est pas en défaveur des
femmes, mais les institutions ont une très faible volonté de les faire respecter.
Cependant, une loi récente votée en 2005, s’attaque au problème de la violence
domestique et du harcèlement relatif à la dot. De même, une loi de discrimination
positive prévoit un quota de 30 % de femmes au minimum dans les conseils
municipaux. Le contexte politique donne ainsi des signes d’ouverture qui peut faciliter
aujourd’hui la réussite de ce projet.
Les caractéristiques du projet sont en cohérence
avec les valeurs et les orientations que FDH porte :
- Le projet cible un des pays les pauvres et une population, les femmes, qui figure parmi les plus vulnérables,
- Il répond à l’expression de besoins formulés par des groupes de femmes elles-mêmes et traduits dans un projet par une organisation qui les représente,
- Il renforce les compétences de la population locale et lui permet d’être actrice de son développement.
Ce projet s’inscrit en complémentarité avec d’autres actions de promotion des droits des femmes, que mène FEDINA : droits du travail (travailleuses textiles, travailleuses domestiques par exemple), renforcement de la participation des femmes à la décision politique (formation sur la démocratie locale, le droit de vote, le droit d’éligibilité, les quotas réservés aux femmes, etc.)
Principales caractéristiques de la situation des femmes en Inde. Avec environ 500 millions de femmes souffrant de discriminations dans de nombreux domaines, la situation de la femme en Inde est de loin moins satisfaisante qu’en Chine, pour la plupart des indicateurs. Les discriminations et les violences que subissent les indiennes touchent tous les secteurs de leur vie sociale et toutes les périodes de leur vie. Elles ont un moindre accès à l’éducation que les hommes, moins d’opportunités d’emploi et subissent des conditions de travail plus dures, notamment pour ce qui est des salaires. De plus, elles sont victimes de formes archaïques de discriminations et de violence, en particulier le harcèlement lié à la pratique de la dot et la violence domestique qui sont très fréquents. Des lois existent pour protéger les femmes et sanctionner les violences mais elles ne sont pas réellement appliquées et la réticence des élites à s’attaquer à la question de l’égalité de genre est grande.
Avortement sélectif des bébés
L’amniocentèse, pratiquée en vue de déterminer le sexe du foetus, est utilisée par de nombreux couples qui, s’il apparaît que la femme attend une fille, feront procéder à un avortement sélectif. La plupart des familles pauvres partent du principe qu’il vaut mieux « dépenser 38 dollars tout de suite que 3 800 dollars pour une dot ». Les estimations portent à 10 millions le nombre de filles qui ne seraient pas nées dans ce pays. La raison de ces avortements est que les Indiens préfèrent avoir un garçon, car ce sont eux qui perpétuent le patronyme, s’occupent des parents lorsqu’ils sont vieux et héritent des terres. En revanche, pour les Indiens, les filles n’apportent rien ; au contraire puisqu’il faut payer une dot à la famille de leur mari. Un vieux proverbe résume cette situation : "Élever une fille, c’est comme arroser le jardin d’un voisin".
Mauvais soins de santé pour les filles
Pendant l’enfance, les parents font plus souvent examiner les garçons malades que les filles malades. Des filles trouvent la mort suite à de mauvais soins de santé volontairement limités ou non administrés. Le décès d’une fillette sur six est imputable à la négligence et à la discrimination.
Absence d’éducation de nombreuses fillettes
Des millions de fillettes sont privées de scolarité. La pauvreté et la discrimination en sont les principales causes. En raison de leur situation financière difficile, les familles font travailler leurs enfants, au lieu de les envoyer à l’école, afin d’augmenter leurs revenus. Le garçon, pour les parents, est perçu comme un placement ; c’est lui qui, à terme, prendra les rênes de la famille et subviendra à ses besoins. En revanche, une fille est destinée à se marier et son éducation scolaire n’est pas considérée comme prioritaire.
Mariage précoce
Depuis 1976, le mariage d’une fille ayant moins de 18 ans est interdit en Inde. Pourtant, 46% des femmes de 20 à 24 ans se sont mariées ou vivaient en concubinage avant l’âge de 18 ans, 55 % en milieu rural. Le mariage précoce est une tradition et remettre en question l’autorité des générations précédentes reste tabou. Mais les causes du mariage précoce ne se limitent pas au seul poids des traditions. L’une des principales raisons est d’ordre économique. Les familles pauvres peuvent considérer une fille jeune comme un fardeau économique et son mariage comme un indispensable moyen de survie pour la famille. La somme de la dot est d’autant moins élevée que la fille est jeune. Une autre raison tient à l’espoir d’écarter les filles de possibles agressions sexuelles. Enfin, les communautés qui attachent une grande importance à la virginité avant le mariage ont l’impression qu’en mariant les filles tôt, elles les protègent d’une naissance hors mariage. Bien souvent, les parents croient agir pour le bien de leur enfant. Or le mariage précoce est un des facteurs aggravant les problèmes de santé y compris les risques de mortalité maternelle et infantile.
Harcèlement et violences familiales en raison de l’insuffisance de la dot
La pratique de la dot a été abrogée par une loi de 1955. Elle est cependant toujours en vigueur, avec des caractéristiques nouvelles : le boom économique de l’Inde a engendré une surenchère sur les dots, de plus la dot n’est plus seulement limitée au moment du mariage mais s’étend à tous les moments forts de la vie du couple (fêtes religieuses, 1er enfant…) Les familles ont de plus en plus de mal à l’honorer et les violences (jusqu’à des assassinats) envers les femmes, parce que la dot n’est pas suffisante ou pas intégralement versée, ont augmenté ces dernières années. En raison de ces violences notamment, le parlement indien a promulgué en août 2005 la Loi de Protection de la Femme contre la Violence Domestique qui protège non seulement la femme de la violence de son mari ou de ses fils, mais également de la belle famille avec laquelle elle cohabite.
Dépendance économique vis-à-vis du mari et de la belle famille
La femme est toujours appelée à vivre au sein de sa belle-famille au moment de son mariage. Dans la hiérarchie familiale, ce sont d’abord les aînés, soit les parents du mari, qui ont le plus de pouvoir décisionnel. Pour accéder aux ressources financières du ménage, l’épouse devra donc s’adresser à son mari, qui lui devra en parler à ses parents. Cette situation demeure même si la femme contribue elle aussi au revenu du ménage en recevant un salaire pour un travail à l’extérieur de la maison. Cette hiérarchie est donc d’abord constituée en fonction de la position occupée au sein de la famille (fille, belle fille, mère, ou belle mère) plutôt que simplement selon l’appartenance à un sexe.
Discriminations dans les activités économiques
Les droits sociaux de base des femmes ne sont dans la pratique pas reconnus. Les femmes sont discriminées sur le marché du travail pour l’accès à l’emploi et le salaire. La loi d’égalité de salaire de 1976 n’est pas respectée et, dans certains états, le gouvernement lui-même les paye de 30 à 40 % moins que les hommes.
Découvrez l’action de Frères des Hommes et Fedina dans ce contexte : Soutenir les femmes face aux situations de violence et Agir pour organiser les groupes de femmes et développer le crédit de solidarité









