" Conjuguer la Solidarité au local "

Partir 1 an à la rencontre des populations exclues d’Asie du Sud-Est : voilà le défi que Fabienne et Thibault ont décidé de relever. Ces 2 jeunes diplômés de solidarité internationale sont d’ailleurs très engagés. En France, où ils travaillent tous les 2 en tant qu’animateurs accompagnant les SDF. Mais aussi au Sud : Fabienne a été volontaire au Vietnam et Thibault a effectué un stage en Indonésie. L’Asie, ils en sont tombés amoureux ! Aujourd’hui, ils veulent mieux connaître cette région du monde où la croissance a laissé de nombreux exclus et faire découvrir l’engagement de la société civile là-bas. Tous deux partagent avec vous leur projet, soutenu par Frères des Hommes, qui promet d’être une expérience humaine des plus enrichissantes !

Comment s’est construit votre projet et ses objectifs ?

T : On avait l’idée en tête depuis un peu plus de 2 ans. Notre vision de la solidarité, c’est avant tout de valoriser l’initiative locale, ce que font les gens sur place, parce que ce sont eux qui vivent les difficultés au quotidien, qui connaissent le contexte d’intervention. Pour nous, le meilleur moyen d’apporter notre soutien, c’est de passer du temps avec les gens, de les comprendre et d’en informer le grand public en France.
F : On savait alors qu’on voulait partir, qu’on voulait faire du reportage, mais on ne savait pas encore par quel angle on allait orienter le voyage. Alors que l’on s’engageait auprès des populations en grande exclusion juste à côté de chez nous, on s’est dit : « Comment est-ce que ça se passe ailleurs ? Comment ça se passe à l’étranger ? » On avait envie de pousser l’expérience un peu plus loin et de vraiment s’immerger, en tant qu’observateurs privilégiés, dans d’autres réalités locales d’engagement de proximité.

Et comment va s’organiser votre voyage concrètement ?

T : Alors, pendant 1 an à partir du mois d’août, on traversera plusieurs pays d’Asie. Les faire tous serait trop ambitieux alors on a ciblé 5 partenaires dont 2 de Frères des Hommes : Ekta Parishad en Inde et KPA en Indonésie. L’idée c’est de tout faire par voie terrestre. On veut commencer par la marche “Jan Satyagraha” en Inde aux côtés d’Ekta Parishad. Puis on continuera au Bengladesh, Laos, Vietnam, Cambodge, Thaïlande, Malaisie pour terminer en Indonésie.
F : Grâce aux partenaires locaux avec qui on est en contact et qui ont un large réseau, on espère surtout toucher des mini-structures qui n’ont aucune visibilité médiatique.

Quelle forme avez-vous choisi pour remonter l’information ?

T : Ce sera à travers un mélange de textes et de photos et pourquoi pas, si on en a la possibilité, des articles plus analytiques sur les problématiques de fond. Avec des enregistrements sonores, on voudrait rajouter des extraits d’interviews, enregistrer aussi des bruits de la vie quotidienne comme une ambiance de marché, des chants,… qui viendraient compléter l’image.

Comment voyez-vous le retour en France après cette aventure ?

F : Une grande partie de la restitution se fera dans le cadre d’une exposition itinérante avec montage sons et photos.
T : On aimerait intervenir pour présenter le projet au cours de manifestations de solidarité. Parallèlement, on organisera nous-mêmes 5 débats dans différents endroits en France pour traiter un peu de l’engagement solidaire de proximité et confronter les expériences asiatiques et françaises. On fera également de l’éducation au développement dans les écoles et auprès d’étudiants. Enfin, de retour en France, on gardera le lien avec les associations rencontrées et on tentera surtout de les mettre en relation avec des structures au Nord pouvant les soutenir dans leurs actions à plus long terme.
F : Dans le cadre du projet, on a enfin monté tous les deux une association : Reflet local. Par la suite, on aimerait réunir d’autres projets dans d’autres régions avec la même optique. Je sais qu’à moyen terme, dans 2 ou 3 ans, on aimerait bien faire le même genre de reportage mais en France. Au final, pour nous, c’est bien au travers de ces initiatives locales que le monde va changer.

Cet article est paru dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: mardi 17 avril 2012