A An-long, avant 2005, l’agriculture rapportait peu et polluait beaucoup les eaux de la rivière Zu ma et Fu Man, près de Chengdu. L’habitat étant fait de maisons isolées, construire un réseau d’assainissement aurait été trop coûteux. Dans ces cas-là, le gouvernement chinois préfère reloger les familles paysannes pauvres dans des immeubles en ville. Pourtant, la majorité des paysans préfère vivre dans leur village d’origine.
Jun Tian, présidente de l’association, présente la stratégie de Cura pour préserver An-Long : « L’objectif est de traiter tous les déchets pour les valoriser, retrouver la qualité des eaux souterraines et de la rivière et produire une agriculture de qualité. Nous limitons l’utilisation d’intrants dans les champs, en encourageant chaque famille à utiliser des techniques biologiques. Les déchets organiques et les excréments animaux ou humains sont utilisés pour faire du compost. On fait également du gaz domestique pour la cuisine, en utilisant la fermentation des excréments. Un étang a été créé pour traiter les eaux usées : on exploite la capacité naturelle du milieu à fixer les polluants dans les racines. »
Cura a également mis en place un bus gratuit qui permet aux habitants de Chengdu de venir dans le village acheter directement leurs légumes aux producteurs. Avec ce système de vente directe, les paysans augmentent leur marge et les consommateurs paient moins cher que dans le commerce. Les moines bouddhistes, grands consommateurs de produits naturels, sont également de grands consommateurs des légumes cultivés à An-Long.
Pendant 20 ans, M. Gao a dû compléter ses revenus d’agriculteur en travaillant comme ouvrier du bâtiment. En 2005, pour sauver ses terres de la menace de préemption du gouvernement chinois, il décide de participer au projet Cura. Il s’engage alors à suivre les recommandations de l’association : cultiver biologiquement, utiliser des toilettes sèches, fabriquer son compost, se chauffer au gaz issu de la fermentation d’excréments d’animaux. Malgré une baisse de rendement au début, la qualité de sa terre s’est améliorée et ses produits ont pris de la valeur : « Au départ j’avais des doutes… Mais maintenant je peux vivre grâce à l’agriculture et j’ai sauvé mes terres, pour longtemps ! »
Au final, les efforts de Cura pour améliorer la qualité de l’eau sont payants. Le niveau de vie des habitants s’améliore, de nombreuses familles reviennent vivre chez elles et le gouvernement n’a plus l’intention de récupérer les terres. Jun Tian conclut : « Une meilleure qualité de vie, moins d’accidents et un environnement sain, ceux qui reviennent ne regrettent pas la ville ! »
Ce reportage a été réalisé par les DynamoS’olidaire, en route vers l’Inde avec Frères des Hommes.
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La "vente" des kilomètres parcourus permet de financer un programme d’activités en Inde : Inde - 1500 paysans améliorent leurs cultures et restaurent la fertilité des sols
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| Cet article est paru en janvier 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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