Des membres du MST, de la municipalité de Parauapebas dans la localité de Carajas, du ministère de l’Environnement du Pará ainsi que des chercheurs ont fait visiter les lieux pour illustrer les effets néfastes de l’exploitation minière dans la région, qui constituent un réel désastre écologique et humain. Fanny Blanchard, en stage auprès du MST au Brésil avec Frères des Hommes nous raconte : « Difficile à croire qu’on se trouve au milieu de l’Amazonie. Des centaines de kilomètres de terres déboisées débouchent sur la mine : un énorme cratère, des montagnes de détritus de fer utilisés pour la fusion, d’immenses collines de déchets toxiques baignés de la fumée noire qui s’échappe de l’usine. » Sous les yeux consternés des visiteurs, le représentant de la multinationale se veut pourtant rassurant : « Nous ne creusons que sur 3 % d’une forêt qui s’étend sur 1,2 million d’hectares. »
L’accès à la terre est au cœur du problème. Les familles, pour la plupart des populations indigènes, subissent de lourdes pressions de la part des entreprises pour céder leurs terres, d’autres sont directement expulsées. C’est donc bien un désastre humain qui s’ajoute au désastre écologique. La région de Parauapebas a connu également une hausse démographique de 150% en 10 ans, en raison des espoirs d’embauche suscités par l’implantation des entreprises. Pourtant, ces dernières ne proposent que des emplois précaires et de nombreuses personnes ne trouvent pas de travail. Le trafic de drogue, l’alcoolisme et les homicides sont en constante hausse, résultats d’une pauvreté qui n’en finit pas d’augmenter. En mettant des visages et des paysages sur les enjeux abordés de manière théorique durant le FSM, cette rencontre de Carajas a permis d’ancrer la question de la souveraineté populaire au cœur des débats.
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| Cet article est paru en mars 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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