Ces occupations de terre prennent la forme d’acampamento et assentamento (campements légalisés). Quelques dizaines de familles, avec le soutien du Mouvement des sans-terre (MST) s’implantent d’abord sur des terres inutilisées ou mal exploitées qu’elles veulent valoriser. Elles habitent alors des maisons de fortunes et commencent à cultiver des terres : ce sont des acampamento. Au bout de quelques années, grâce à leur mobilisation, l’Etat leur délivre un titre de propriété. La communauté peut alors se développer, construire en dur, et passer à la deuxième étape, l’assentamento. Fanny Blanchard, stagiaire pour Frères des Hommes au Brésil, explique pourquoi ces occupations de terres sont parfaitement légales : « L’occupation de terres non ou mal utilisées, ou détenues de façon frauduleuse, est un droit qui apparaît dans la constitution fédérale brésilienne de 1988. Cette action est d’autant plus justifiée qu’il s’agit de redistribuer des terres pour combattre les fortes inégalités socio-économiques qui existent au Brésil, et donner une chance aux petits paysans de développer l’agriculture familiale et de vivre avec dignité. »
Un assentamento fonctionne en communauté autonome. Une fois propriétaire de ses terres, la collectivité peut investir dans des équipements : une pharmacie, une pépinière, une salle commune, un centre d’apiculture, etc. L’Etat accorde également des aides financières pour construire les maisons. Les familles cultivent du café, des légumes, des fruits, et possèdent parfois un poulailler ou un peu de bétail.
Malmenées dans les villes, les personnes qui vivent ici ont très souvent connu le chômage et la grande pauvreté. Elles trouvent une stabilité et font le choix d’un autre mode de vie que celui que leur offraient les grandes villes brésiliennes. Maria s’est installée à Irma Alberta en 2002, avec 63 autres familles : « Ca n’a pas été facile, c’est sûr. Ca s’est révélé un véritable défi de vivre dans le campement avec ma fille et ses deux enfants, qui étaient très jeunes à l’époque. Mais bon, ça a valu le coup… Aujourd’hui nous avons notre propre terre, nous plantons nos aliments, mes petits-enfants adorent vivre ici, ils ont tout l’espace qu’ils veulent pour s’amuser. »
Au Brésil, 4 millions de familles sont toujours sans-terre : après 25 ans de mobilisation, le MST continue à les accompagner pour que tous puissent vivre dignement du travail de la terre.
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| Cet article est paru en mars 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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