418 familles y vivent aujourd’hui, au milieu de 7 villages sur des dizaines de milliers d’ares de terre. A l’exception des drapeaux rouges du MST qui flottent à la devanture de la plupart des maisons, il est difficile de faire la différence entre les villages des acampamento et ceux des alentours. « Regardez ces gars », nous dit Miguel Carter, un des membres fondateurs du MST, en nous montrant un groupe à quelques pas, « quand je les ai rencontrés ils n’avaient rien du tout et à présent leurs enfants étudient la médecine à Cuba ! »
Cette fête à été l’occasion de tracer un bilan de plus de deux décennies d’action qui ont permis à des familles entières de marcher la tête haute et de se construire un futur. 400 000 familles vivent aujourd’hui dans des campements, et plus de 400 associations et groupements agricoles en 25 ans sont mobilisés avec le MST. Mais une mise en garde en garde a été faite : la réforme agraire est loin d’être aboutie au Brésil, où 4 millions de familles sont toujours sans-terre.
Ainsi à la faveur d’un discours enflammé, le dirigeant du MST João Pedro Stedilé a renouvelé l’engagement du MST : « Acquérir une terre ici ou là ; c’est toujours important mais ce n’est pas suffisant ! Nous avons passé des années à lutter contre les grands propriétaires terriens car nous croyions et nous continuons de croire que le latifundio (grande propriété rurale) est la principale cause de pauvreté et d’inégalité dans les campagnes. » Face au renforcement de l’agro-industrie comme stratégie d’utilisation des sols, le MST appelle à une intensification de la réforme agraire. Cette réforme, les sans-terre veulent la porter ensemble, avec des activistes de toutes les régions et villes du pays pour créer un front uni contre l’agro-industrie. C’est ce à quoi le MST s’est employé dès la fin janvier au Forum social mondial.
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| Cet article est paru en mars 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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