Il se bat pour l’instauration d’un tourisme réfléchi, responsable et authentique alliant tourisme, durabilité environnementale et communautés.
Cet article est paru en mars 2008 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
Julio peux-tu nous éclairer sur tes racines, tes origines ?
Je suis né en 1983 à Villa Tunari en pleine campagne dans la région des producteurs de Coca, le Chapare. Ma sensibilité aux problématiques écologiques a été éveillée dès mon enfance car mon père était l’un des gardiens du parc national Carrasco, une zone protégée pour sa flore et sa faune exceptionnelles. J’ai donc grandi dans une famille aux revenus modestes. C’est en travaillant comme guide dans le parc à chaque vacances scolaires, à partir de 7 ans, que j’ai pu me payer mes études.
Des débuts qui t’ont orienté très tôt vers ta voie ! Quelle a été alors, par la suite, ton évolution personnelle vers les métiers du tourisme solidaire et communautaire ?
En grandissant j’ai suivi plusieurs formations sur l’environnement, le tourisme. Puis en 2003 une association de protection de l’environnement a mis en place une formation de guide de 800 heures sur un an et demi. La formation m’intéressait mais la perspective communautaire manquait à ce projet, selon moi. J’en ai donc parlé avec les responsables de cette formation afin d’intégrer cette dimension. Ils ont accepté et au final, 17 guides venus des communautés villageoises de la zone protégée de Carrasco ont obtenus leur accréditation de la part de la préfecture de Cochabamba. Nous avons décidé tous ensemble de créer Kawsay Wasi ce qui signifie « maison de la nature » en quechua, langue amérindienne parlée au Pérou et en Bolivie.
Explique-nous un peu plus ton implication dans ce projet qui touche le cœur de votre ambition : allier tourisme responsable et communautés.
Ce projet, je l’ai porté et j’en suis le responsable. Il a pour objectif de renforcer les communautés locales. Les guides font partie des communautés du parc, ils sont formés à reconnaître et présenter la faune et la flore de leur environnement. D’ailleurs, sur le prix de chaque excursion un pourcentage est versé à la communauté et le reste sert au fonctionnement de Kawsay Wasi.
Quel a été alors ton cheminement jusqu’au réseau de tourisme solidaire et communautaire Tusoco ?
Je me suis investi progressivement dans Tusoco, notamment quand, après avoir fait partie du comité consultatif, Kawsay Wasi est entré dans le directoire. Je me suis impliqué personnellement en tant que secrétaire national des actes, un travail consistant à préparer les réunions locales, nationales ou internationales. Aujourd’hui je cherche à rapprocher les communautés du réseau afin de renforcer notre réseau par la communication interne, et je soutiens les communautés dans leurs recherches de fonds pour développer leur projet. En plus de tout ce travail je continue mes activités en tant que guide car c’est là d’où je viens et même si j’ai moins de temps pour me consacrer à cette activité, il est important pour moi de la continuer.
Aujourd’hui tu as 25 ans et tu es dirigeant de Tusoco. Que peux-t-on encore te souhaiter ?
J’espère que la passion que je mets dans mon travail sera à la hauteur de mes espérances. A terme j’aspire à ce que Tusoco devienne un acteur majeur du tourisme en Bolivie et réussisse à mettre en place un relais entre les communautés villageoises avancées et celles qui débutent. Cela a déjà été un grand succès lorsque nous sommes allés à La Paz en 2007 pour déposer notre projet de loi sur le tourisme durable et que j’ai vu que Tusoco était devenu un acteur écouté et respecté par l’Assemblée nationale et le vice-ministre du Tourisme.
Un dernier mot sur la situation actuelle en Bolivie, victime de vives tensions depuis quelques semaines, un message pour nos lecteurs ?
La Bolivie avance chaque jour un peu plus vers l’équilibre et j’ai confiance en mon pays ! Aux lecteurs de Résonances je n’ajouterai que ceci : lorsque vous désirez quelque chose et que cette chose vous parait plus juste qu’une autre, il faut lutter pour la réaliser, c’est ce que nous faisons ici avec fierté.
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Résonances Latino-Américaines N° 22 - Mars 2008





