Pour les marcheurs, c’est une grande victoire, mais la route reste encore longue. Suite à la marche, depuis un an, les militants d’Ekta Parishad œuvrent pour que les engagements des pouvoirs publics soient tenus :
→ A l’écoute des populations. Un important travail auprès des villageois (paysans, tribaux, dalits : avec une attention particulière à l’égard des femmes) a été réalisé :
- information et sensibilisation sur l’entrée en vigueur ou les amendements des lois foncières et forestières [voir tableau [1]] et sur le rôle de la nouvelle Commission nationale pour la réforme agraire,
- soutien juridique pour l’obtention de titres de propriété et appui au développement des compétences de plaidoyer,
- mise en relation des communautés avec des représentants des autorités locales et aide au renforcement de réseaux d’initiatives locales (via l’organisation de débat avec les organisations de la société civile).
→ En négociation avec les pouvoirs publics. En tant que membre de la Commission pour la réforme agraire, Ekta Parishad a également poursuivi son action sur les politiques publiques :
- analyse de la situation dans les différents états de l’Inde (via des collectes d’informations, enquêtes, études de cas, visites de terrain, etc.)
- proposition de mesures au gouvernement en vue de l’élaboration d’une politique nationale pour la réforme agraire,
- pression auprès des autorités locales pour qu’elles appliquent les lois foncières et forestières, et lobbying sur les questions de réforme agraire et de souveraineté alimentaire aux niveaux national et international.
Depuis octobre 2007, plusieurs consultations publiques et échanges avec des représentants politiques ont été organisés. Le bilan est très encourageant : d’un côté, ces rencontres ont offert aux communautés affectées un espace où faire entendre leurs inquiétudes et attentes ; de l’autre, elles ont permis à la Commission nationale pour la réforme agraire de mieux comprendre les réalités de chaque état et les problèmes de chaque communauté.
Le point sur la situation.
Janadesh 2007 a été le témoin d’une marche historique. Cette mobilisation a marqué un virage politique dans la reconnaissance des droits des sans-terre et des populations marginalisées. Des avancées ont été obtenues et des convictions renforcées :
- Forest Act & Tribal Policy. La reconnaissance des droits sur les terres que les tribaux occupent dans les forêts est historique, car jusqu’à présent, leur situation avait totalement été occultée par les gouvernements successifs, alors que plus de 10 millions de familles sont d’origine tribale.
- Land Acquisition (Amendment) Act et Resettlement & Rehabilitation Bill. Lorsque les déplacements de populations ne peuvent être empêchés, l’application de ces lois permet d’octroyer une compensation financière. Mais pour Ekta Parishad, il est essentiel que la valeur sociale de la terre soit aussi prise en compte. De plus, des programmes de développement visant à améliorer les revenus et le niveau de vie des petits paysans devraient être mis en place. Enfin, l’association défend le principe de compensation « terre contre terre » plutôt que « terre contre argent ».
- SARFEASI Act. Cette loi qui donne le droit aux usuriers de récupérer les prêts non payés par l’acquisition de terre, devient caduque dans le cas d’un suicide ; c’est pourquoi de nombreux paysans font ce choix pour sauver leur famille. Face à l’augmentation alarmante des suicides de paysans, une demande d’amendement a été déposée au Parlement par des paysans dont 20 participants à Janadesh.
- Non violence. Dans un climat où les interventions des groupes armés naxalites sont de plus en plus violentes, la marche Janadesh a représenté une vraie alternative. Lutter contre la pauvreté en faisant usage des droits plutôt que des armes reste une stratégie omniprésente dans le combat que mène Ekta Parishad.
- Proposition de mesures pour empêcher ou limiter l’utilisation de terres agricoles à des fins non agricoles. A ce titre, un important travail a été effectué par les militants d’Ekta Parishad dans les Zones Economiques Spéciales (zones franches à vocation industrielle) pour identifier leurs effets (déplacements, pertes de terre, pollution des rivières, violence, etc.) et proposer des solutions aux populations affectées.
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| Pour plus d’informations, lisez l’article La marche Janadesh, un vrai pas en avant pour le droit à la terre |
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