Échanger, élaborer, discuter, manifester ; pour la souveraineté alimentaire, la paix, la démocratie ; contre la pauvreté et les Accords de partenariats économiques (APE) qui visent à instaurer le libre-échange entre les pays africains et l’Union européenne. Le Forum social mondial [1], cette année décentralisé, a eu lieu à travers le monde du 25 au 27 janvier 2008. Retour sur ces Journées de mobilisation et d’action mondiales décentralisées menées au Togo, au Cameroun et en Afrique du Sud.
Conférences, ateliers et manifestations pour la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest
Une Autre Afrique de l’Ouest est possible ! Un Autre Monde est possible ! / © FSOA
Deux mille personnes, originaires de 15 pays différents et majoritairement citoyens d’Afrique de l’Ouest, se sont mises en route pour participer aux journées d’actions à Lomé au Togo, où a eu lieu la quatrième édition du Forum social ouest-africain [2]. Les thèmes de la gouvernance et de la souveraineté alimentaire ont constitué, face à l’actualité de la mise en place des APE, les enjeux principaux du Forum. Les 26 et 27 janvier, les manifestants défilaient en demandant la fin des APE. Au même moment se tenaient des conférences, ateliers et réunions dans le Centre des expositions et des foires à Lomé, permettant des temps d’échange entre adultes mais aussi entre jeunes, jusqu’aux enfants qui ont participé à l’émission Deriwo pe radio (radio des enfants). « La quatrième édition du Forum social ouest-africain a été une réussite dans son ensemble grâce à la participation active des différentes délégations de l’Afrique de l’Ouest, à la pertinence du thème retenu et à la contribution remarquable des citoyens ainsi qu’à la plus-value qu’ont constitué les activités de l’espace jeunes » affirme E. K. Amegadze, l’un des organisateurs du forum.
Sensibiliser les consommateurs sur les marchés de Yaoundé
En Afrique centrale, au Cameroun, les journées de mobilisation et d’action étaient également placées sous le thème de la souveraineté alimentaire : 300 paysans, dont des membres et des sympathisants du Collectif d’organisations paysannes et de producteurs agriculteurs camerounais (Cordap) [3], ont cherché à dialoguer directement avec les consommateurs, sur les marchés de Yaoundé à Nfoundi le 23 janvier et à Mokolo le 26 janvier. Sensibilisant environ 2 000 Camerounais au fait que la capacité de la production locale dépend de leurs choix de consommation, l’initiative a connu un grand succès, raconte Pascal Nkwe Makongo, président du Cordap et organisateur des journées d’action en Cameroun : « Le Cordap a reçu pendant plusieurs jours et même jusqu’à présent les félicitations des paysan(ne)s et consommateurs pour sa campagne de sensibilisation, de dénonciation et de démonstration des méfaits des politiques néolibérales. »
Unis contre la pauvreté
En Afrique du Sud, une marche ayant comme thème principal la lutte contre la pauvreté mondiale a été organisée par le Congrès des syndicats sud-africains à Johannesbourg, réclamant en particulier au gouvernement sud-africain d’aborder le sujet de la pauvreté. « La marche a su établir un consensus général pour qu’il y ait plus d’événements de solidarité de cette sorte, d’autant plus que nous sommes marqués par une histoire de fragmentation des mouvements de la société civile sud-africaine » rapporte Silumko Radebe, participant et membre du Forum d’anti-privatisation [4]. Plusieurs milliers de personnes de la société civile ainsi que de nombreuses associations africaines, soucieux de la justice et du développement social et économique, ont marché ensemble pour le futur de leur continent.
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Résonances Africaines N° 23 - Avril 2008



























