Les OGM s’inscrivent en effet dans une logique qui vise à établir de manière irréversible l’accaparement des semences et plus globalement du patrimoine génétique des espèces animales et végétales au profit de quelques grands groupes privés. C’est toute l’humanité qui se trouve ainsi menacée de spoliation de la ressource naturelle vitale, commune à tous, que constitue la biodiversité.
Cette tentative d’appropriation privée d’un bien public est en soi inacceptable. Elle contredit tous les efforts engagés par de nombreux acteurs de la société civile de par le monde et relayés jusqu’au sein des instances internationales de l’ONU, pour fonder en droit le fait que les semences, au même titre que d’autres ressources naturelles vitales comme l’air et l’eau, sont autant de biens publics mondiaux relevant d’une gestion partagée et d’une responsabilité commune à tous les humains. A la menace démocratique globale que les OGM portent en germe s’ajoute, en France notamment, le déni de démocratie que représente l’absence d’un véritable débat public autour de cette question vitale.
En tant que mouvement de citoyens engagés pour un monde plus juste, qui sait d’expérience que la lutte contre la pauvreté et les développements démocratiques sont indissociables, Frères des Hommes se veut solidaire de toutes celles et tous ceux qui agissent, en France et ailleurs dans le monde, pour arracher l’instauration d’un tel débat public et qui cultivent les initiatives pour préserver la biodiversité et consolider son statut de bien commun à toute l’humanité.
Juillet 2006
Agroécologie
L’agroécologie promeut une vision de l’agriculture axée sur la qualité, a contrario de l’agriculture productiviste. Elle refuse par ailleurs la vision purement technicienne du métier d’agriculteur. Ses grands principes allient ainsi savoir-faire technique et réhabilitation du rôle économique et social essentiel des paysans.
Plus précisément, les modes de production agroécologiques s’adaptent aux caractéristiques propres à chaque terroir et protègent ses ressources (sols, eau). La fertilisation des sols se fait par l’utilisation d’engrais naturels (fumier, compost), de même que la protection des cultures, pour éviter de polluer l’environnement et pour réduire la dépendance économique des paysans par rapport aux produits chimiques commercialisés. Les semences utilisées sont issues de variétés locales et sont produites par les paysans eux-mêmes, également pour éviter la dépendance économique vis-à-vis des entreprises semencières ; ceci contribue de surcroît à la préservation de variétés délaissées par ces dernières (biodiversité).
Ainsi, l’agroécologie permet d’allier sécurité alimentaire (aliments plus sains), économique et environnementale. Elle joue un rôle important dans la promotion de la souveraineté alimentaire, car elle privilégie des modes de production à la fois durables pour l’environnement, rémunérateurs pour les paysans, respectueux de leur travail, abordables et de qualité pour les consommateurs.
Au Rwanda, Frères des Hommes et son partenaire Adenya développent un programme d’aménagement anti-érosif de trois collines afin d’améliorer la production agricole, et de renforcer l’autosuffisance alimentaire des ménages, tout en préservant les ressources. En Haïti, Frères des Hommes et le Mouvement paysan Papaye travaillent sur le Haut Plateau Central pour la valorisation durable des potentiels fruitiers et maraîchers faiblement exploités, tout en permettant le reboisement de la région.










