Agriculture paysanne

Frères des Hommes défend depuis plus de 40 ans l’agriculture paysanne à travers le monde. En effet, en dépit de la croissance économique qu’ont connue certains pays, les conditions de vie des populations rurales et des paysans en particulier ne s’améliorent pas : insécurité alimentaire, pauvreté, dégradation de l’environnement, vulnérabilité sur le plan social, faible poids politique. Cette situation s’explique notamment par la faiblesse des politiques - et des investissements consentis - dans le domaine de l’agriculture paysanne. Bien souvent les pays du Sud ont prioritairement soutenu le milieu urbain sur la base de calculs politiques : en effet c’est dans les villes surtout que se font et se défont les régimes. De plus, les politiques agricoles qui ont été menées l’ont été bien plus en faveur de l’agro-industrie d’exportation (cultures de rente) qu’en faveur de la petite agriculture familiale, suivant en cela la logique du marché imposée par les institutions financières internationales et l’Organisation Mondiale du Commerce.

Pourtant, c’est bien l’agriculture paysanne qui assure la production des aliments tant pour les ruraux que pour les urbains ; c’est elle encore qui offre le plus grand nombre d’emplois dans des contextes où la croissance ne s’est pas traduite par la création massive d’emplois dans l’industrie ou les services ; c’est elle enfin qui garantit une gestion durable des ressources naturelles a contrario de l’agriculture industrielle qui détruit les écosystèmes par la pratique de monocultures intensives coûteuses en ressources et souvent polluantes.

Face à ce constat, Frères des Hommes et ses partenaires réaffirment le primat d’une agriculture orientée sur la satisfaction des besoins alimentaires des populations. L’agriculture doit prioritairement fournir des aliments pour les marchés locaux plutôt que pour l’exportation, afin que les populations exercent leur souveraineté alimentaire, c’est-à-dire leur droit à se nourrir elles-mêmes et à mettre en œuvre les politiques adéquates pour ce faire.



Frères des Hommes mobilisé pour défendre les agricultures paysannes

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Frères des Hommes mobilisé pour défendre les agricultures paysannes

Les agricultures paysannes assurent l’alimentation des populations
Les productions vivrières sont la priorité des agricultures paysannes ; simplement parce que les petites exploitations servent d’abord à nourrir les familles qui les cultivent et les populations qui les entourent. Les agricultures paysannes sont les seules à garantir le maintien de ce cap vital pour tout le monde.

Les agricultures paysannes réduisent considérablement la pauvreté et l’exode rural
Les structures agricoles à dimension humaine sont la base d’une économie de sortie durable de la pauvreté en milieu rural, où se concentre la majorité des habitants de la planète. Agriculture et élevage, artisanats, petites industries et commerces qui les accompagnent ; les agricultures paysannes génèrent massivement des activités, des emplois et des revenus au bénéfice de catégories sociales et de territoires qui ne disposent d’aucune alternative de développement durable. Elles contribuent de manière déterminante à réduire les migrations forcées et les déséquilibres ingérables causés par l’exode rural et la sur-concentration urbaine.

Les agricultures paysannes savent produire plus de manière durable
L’enracinement des agricultures paysannes dans tous les territoires leur permet de valoriser tout le potentiel des terres agricoles dans leur diversité, des plus arrosées aux plus arides. Ces capacités d’adaptation au milieu environnant vont devenir cruciales pour accompagner les changements climatiques qui s’annoncent, la préservation de la biodiversité, des ressources naturelles et de l’environnement plus globalement.

L’alimentation n’est pas un bien de consommation comme les autres
Livrer l’approvisionnement alimentaire des êtres humains au seul jeu du marché, c’est prendre le risque d’organiser sans scrupule la spéculation des uns sur la faim des autres.
L’alimentation n’est pas une production comme les autres
Elle vient nécessairement de la terre. Aucune chimie, aucune électronique n’est en mesure de remplacer le travail primordial de la terre dont les humains ont besoin pour se nourrir.

L’efficacité des agricultures paysannes
Les agricultures paysannes sont d’autant plus prometteuses que surgissent au grand jour les impasses de la « profit culture ». Le pari du développement de l’agriculture industrielle au détriment des agricultures paysannes est un échec dramatique. Un échec et une trahison, tant le développement économique s’est avéré incapable d’assurer un travail et un revenu décents aux milliards de personnes qui ont impérativement besoin d’argent pour se procurer de la nourriture.

Les émeutes de la faim nous demandent d’ouvrir les yeux
Agro-carburants contre productions vivrières, OGM contre biodiversité, gros exportateurs internationaux contre petits producteurs locaux, dictat de monopoles commerciaux contre exercice de la démocratie citoyenne, famines et dépendances contre sécurité et souveraineté alimentaires, spéculation financière contre approvisionnements vitaux, pollution des sols et de l’eau contre agro-écologie, spéculation foncière et expropriations contre accès à la terre pour y vivre : ces oppositions sont autant de choix qui concernent directement les populations pauvres et le devenir de tous les humains, les ruraux comme les urbains. Partout dans le monde l’alimentation et l’agriculture sont à présent des enjeux citoyens.

Depuis plus de 40 ans, hommes et femmes dans Frères des Hommes agissent en partenariat avec des organisations populaires engagées dans le développement des agricultures paysannes en Afrique, en Asie, en Amérique latine et aux Caraïbes. Et c’est ensemble que se construisent des initiatives communes avec d’autres partenaires en France et en Europe. Nous avons appris comment ces multiples pratiques sur la durée apportent la preuve du formidable potentiel des agricultures paysannes pour nourrir durablement tout le monde, réduire considérablement la pauvreté et préserver efficacement les ressources naturelles et l’environnement.


Mise à jour: lundi 8 septembre 2008
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