Accès au marché

Accès au marché

Dans bien des pays du Sud aujourd’hui, acheter des produits alimentaires importés coûte moins cher qu’acheter la production locale. La raison de cette situation paradoxale ? D’abord, la productivité d’un petit paysan sénégalais ou indien n’est pas la même que celle du grand producteur céréalier américain, européen ou brésilien. Ce dernier peut produire seul de grandes quantités à faibles coûts, au détriment au passage de la durabilité environnementale et de l’emploi. Ensuite, les agricultures des pays riches sont très subventionnées par les pouvoirs publics. Ce qui se justifiait par le souci de garantir à la fois un niveau de production assurant l’auto-suffisance et un revenu aux agriculteurs est devenu une aberration, notamment par la pratique des subventions à l’exportation pour écouler les produits. Aujourd’hui, les agricultures productivistes exercent de fait une concurrence déloyale sur les petits agriculteurs des pays du Sud qui n’arrivent plus à écouler leurs récoltes. Elles ont de plus, trouvé un allié de choix dans l’Organisation Mondiale du Commerce qui, malgré la situation alimentaire explosive, s’obstine à vouloir libéraliser entièrement le commerce des produits agricoles.

Face à ce constat, Frères des Hommes et ses partenaires se mobilisent pour proposer des alternatives qui prennent en compte les différentes facettes du problème : le développement de circuits de commercialisation maîtrisés par les paysans pour accéder directement aux consommateurs ; la sensibilisation de ces derniers ; le plaidoyer national et international pour inciter les pouvoirs publics à plus de protection des marchés fragiles (mesures douanières par exemple).